Pourquoi un contenant céramique est-il « alimentaire » ou pas? En tant qu’actrice de l’art de la table, je me dois d’être irréprochables sur ce point. Et qui plus est lorsque j’enseigne la pratique des glaçures à des professionnels en devenir.
Malheureusement, les règles qui nous sont imposées sont les mêmes que celles de l’industrie, sans aucune adaptation à l’échelle d’un atelier artisanal.
Pour ma part, j’ai toujours travailé en conscience et de manière scientifique. Mes pièces sont toutes revêtues d’émaux de ma composition qui respectent les règles de proportions molaires entre les différents composants naturels.
Des milliers d’expérimentations, je vous en parlerai de temps en temps.


Ainsi, aucun élément n’est soluble dans les acides et bases d’utilisation alimentaire. Il n’y a donc aucun risque d’absorbtion par l’utilisateur.
Certaines matières premières peuvent être nocives si elles ne sont pas bien employées. Pour faire simple, il faut que tous les composants soient intimement liés à la silice après cuisson. Vous pouvez imaginer un grand réseau de silice (comme un grand filet de pêcheur), entre les mailles duquel les autres composants doivent être prisonniers. Ainsi, ils ne peuvent se libérer au contact des acides et bases composant les aliments comme le lait, la vinaigrette, les boissons etc.
Il faut pour cela respecter les proportions molaires entre les différents oxydes en présence (en simplifié, pour les initiés: oxydes basiques: 1; alumine: 0,05 à 0,5; Silice: 2 à 6 pour une cuisson au-delà de 1260°C )
J’arrête là le volet technique, n’hésitez pas à me demander plus d’infos !
En parallèle, de la vaisselle céramique contenant du plomb, cadmium, uranium etc. estt sur le marché français en vente libre.
Pourquoi? Car les produits importés (entre autres) ne doivent pas répondre aux mêmes règles que nous autres, artisans français. C’est un fait.
Et je ne parle pas des contenants en plastique etc … ce paragraphe deviendrait un livre en 3 tomes de colère inutile !

Monde absurde, et si beau à la fois …

Merci à L’UPV et Anna Saulle pour les photos.